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EDITORIAL D'ALAIN HERVE EXTRAIT DU N° 9 DE LA REVUE " LE PALMIER " (déc. 93)

Des palmiers, des palmiers, des palmiers…
D'abord pour en rêver, ensuite pour en jouir, enfin pour en demander sans arrêt davantage.
Nous voulons des palmiers partout, nous en voulons autant que l'on peut en planter.
Avec les palmiers, nous voulons enchanter la Côte d'Azur en France et la Riviera en Italie (et la Corse en Corse).
Si ces terres ont la prodigieuse chance de jouir de conditions climatiques exceptionnelles, alors il faut y planter d'urgence des palmiers.
Nous voulons des palmiers partout et dare dare pour les voir grandir avant que nous ne soyons morts, pour que les générations suivantes nous soient reconnaissantes de leur avoir laissé un héritage de beauté.
Nous croyons aux palmiers parce que nous croyons encore au bonheur de lever les yeux et de se remplir les yeux et l'esprit et l'âme, pour ceux qui en ont une, de cette explosion végétale.
De la même manière que nous sommes reconnaissants aux Prochovski, aux Marnier Lapostol, en France aux Ludovico Winter, aux Thomas Hanbury en Italie et aux inconnus qui ont été les animateurs de cette révolution tranquille, la révolution des palmiers.
Ceux qui à partir de graines enfoncées en terre ont fait jaillir au-dessus de nos têtes ces énormes panaches qui aujourd'hui nous bouleversent.
Tenons-nous prêts à descendre dans la rue pour réclamer : " des palmiers, des palmiers, des palmiers"
Notre révolution n'est pas innocente, c'est une revendication de beauté et de bonheur qui semble inutile et scandaleuse à beaucoup.
Alors nous le disons autrement nous voulons de la beauté dans la rue, dans les jardins, pour exalter ceux qui sont tristes ou déprimés pour enchanter le regard des enfants qui s'en souviendront toute leur vie.
Il y a des municipalités qui pourraient planter des palmiers et qui n'en plantent pas, parce qu'elles ne veulent pas en planter.
Leurs bonnes raisons avouées de ne pas planter de palmiers sont par exemple les suivantes : " ce ne sont pas des arbres de la région".
Sur la côte d'Azur : " ce ne sont pas des arbres provençaux " Sous entendu, même si ce n'est pas très clair dans leurs têtes, ce sont des arbres frelatés qui font le trottoir à la porte de casinos.
Ce sont des arbres de riches, tout juste bons à faire pisser les caniches nains au pied de leurs troncs.
En fait, ce qui donne à la Côte d'Azur son caractère, ce sont les palmiers.
Ceux qui s'en privent, se privent de leur beauté, privent leurs administrés de beauté et se privent de ressources touristiques.
Le palmier esun argument économique puissant, si l'argument de la beauté laisse certains indifférents.
Voyez le charme extraordinaire des avenues de palmiers à Hyères, à Cannes, à Nice, à Beaulieu-sur-Mer, à Menton.
Voyez le caractère zonard d'autres communes que je ne citerai pas, toutes vouées au macadam et au béton gris.
Ce n'est pourtant pas compliqué de défoncer le sacro saint bitume et d'y planter des arbres.
Bon c'est dit.
Mais on le redira à ceux qui préfèrent planter leurs avenues et leurs rues d'alignements de lampadaires électriques.
Je signale à ceux qui veulent passer immédiatement à la guérilla urbaine, qu'il suffit de se remplir les poches de noyaux de dattes ou d'autres graines et de planter d'un coup de pouce dans tous les talus, des arbres qui feront un jour 15 mètres de haut.

ALAIN HERVE