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VOYAGES

à l'Etranger
Voyage aux îles Borromées (21-24 juin 2002)

Iles Borromées, magie des ces trois îles enchanteresses (Isola Bella, Isola Madre, Isola Pescatori), qui font rêver. Microclimat exceptionnel au milieu du Lac Majeur, au pied des Grandes Alpes, avec une douceur et une luminosité méditerranéennes, mais sans l’aridité (bonne pluviométrie), d’où une luxuriance de la végétation. Durant toute la « Belle Epoque », cette riviera a été le séjour favori de l’aristocratie européenne (dont la Reine Victoria), ce qui a favorisé l’acclimatation d’une abondante flore exotique et d’une profusion de palmiers, Trachycarpus surtout, mais aussi Jubaea, Butia, Brahea, Chamaerops… Les îles Brissago, dans la partie suisse du
lac, remarquables aussi, ont également reçu notre visite. Nous étions donc une trentaine de Fous, logés à Stresa (sur la rive sud du lac, en face des îles), dans deux hôtels de la vieille ville historique pleine de charme et près de l’embarcadère (Hôtels Fiorentino et Da Cesare). Après le rendez-vous général…

Vendredi

Pour le déjeuner, nous embarquons sur un bateau, type Mississipi, pour ISOLA BELLA. L’arrivée sur l’île est somptueuse. Aménagée il y a près de quatre siècles par les Comtes Borromeo, toute en terrasses et parapets à balustres, avec jardins exotiques « à l’italienne », elle abrite aussi à l’extrémité ouest un magnifique palais dominant lac et jardins. Décoration végétale et florale admirable, trop longue à énumérer : orangers, citronniers, lauriers roses, camélias, azalées, bougainvilliers… etc.. Les palmiers se trouvent surtout dans une conche au bord du lac, au sud-est de l’île, et aussi dans la cour d’entrée du Palais, au sud-ouest : Jubaea, Brahea armata et edulis, Butia, Chamaerops, Cycas… Rentrée à Stresa en fin d’après-midi, baignade dans le lac (tiède) et visite des jardins.

Samedi

Le matin, embarquement pour l’Ermitage de SANTA CATARINA DEL SASSO, sur la rive est du lac. Fantastique vieux monastère troglodyte niché dans de hautes falaises de rochers que l’on visite. Charmant, pittoresque et vertigineux à la fois… et inoubliable. Autour, des Trachycharpuscolossaux qui se reproduisent naturellement. On reprend le bateau pour Stresa, puis ISOLA PESCATORI. Cette île est occupée par un village de pêcheurs de style typiquement italien, avec sa vieille église décorée et sa côte sud bordée de petits restaurants pittoresques et alléchants sous les lauriers roses et palmiers. On nous sert un très bon repas au restaurant « Italia », puis on explore l’île aux ruelles étroites et on reprend un bateau pour ISOLA MADRE. L’arrivée au débarcadère d’ISOLA MADRE, toute en terrasses, côté sud, est enchanteresse et la plus « tropicale » ; cette île a probablement aussi la plus riche collection de plantes exotiques. Des palmiers, bien sûr ; l’énorme Jubae a serait, en principe, le plus grand en Europe ; des Butia, Brahea, Phoenix, Chamaerops ; des Cycas, Dasylirion, agaves ; des orangers, oliviers, lauriers roses, camélias, mimosas, Eucalyptus , camphriers, bananiers, Cordyline … etc, et quantité d’oiseaux en liberté, de paons en particulier, s’adonnant à leurs parades d’ amour. Au bout de 2 heures nous reprenons le dernier bateau, mais c’est bien trop court. Arrivée à Stresa, temps encore chaud et lourd, et un bon bain dans le lac.

Dimanche

Ce matin là, exceptionnellement, nous prenons les voitures pour visiter toute la côte ouest du lac (bien orientée au sud-est et magnifique) jusqu’en Suisse. Nous passons d’abord par Verbania Pallanza exposée au midi avec ses beaux jardins méditerranéens le long du lac sur des kilomètres ; des grands lauriers roses en arbres et des Jubaea, sans oublier d’innombrables Trachycarpus, Chamaerops et fleurs de toutes sortes. Nous remontons la côte escarpée et rocheuse vers Ghiffa (parc naturel), puis la baie de Cannero Riviera, plein sud, avec un des meilleurs microclimats (agrumes, Phoenix). On passe la frontière suisse et, après un kilomètre (donc, un peu avant Brissago), on monte à gauche vers Piodina et on atteint, après de nombreux virages, un des jardins de palmiers les plus intéressants d’Europe, celui de Carl SCHELL, bien connu ! Une pente vertigineuse dominée par des sommets de 2000 mètres et orientée sud-est sur le lac. C’est là que, après un travail de titan, Carl a planté une étonnante oasis de 130 espèces de palmiers sur des pentes de 45°, aménagées en étroites terrasses et en petites niches creusées dans le roc. Ils sont en pleine terre, généralement sans protection, et ont été semés par Carl lui-même. On peut en quelques lignes donner un tout petit
aperçu de ce jardin, par exemple : 6 espèces de Ceroxylon, 10 espèces de Chamaedorea en sous-bois, Copernicia, Brahea, Euterpe edulis ; de rares Juania australis et Parajubaea cocoïdes. Puis 7 espèces de Livistona , 3 Rhopalostylis, 13 espèces et variétés de Sabal, dont l’étonnant S. riverside aux palmes énormes ; 4 espèces de Syagrus, 9 espèces de Trachycarpus dont le très rare T. cespitosus… etc. Et, de plus, beaucoup d’autres plantes tropicales : agrumes, bougainvillées, Eucalyptus, Dasylirion, Cycas, Dicksonia, agaves, aloes. Nous quittons enfin la propriété de Carl, émerveillés et reconnaissants; avec sa ravissante épouse et son ami et voisin, Dr Walder (remarquable botaniste), ils nous ont reçus avec une si chaleureuse hospitalité, malgré notre grand nombre. Après un déjeuner à Brissago (village), nous prenons le bateau pour les îles Brissago. La plus étendue est un grand jardin exotique, aux riches collections, groupées par zones géographiques (Afrique du Sud, Australie, Amérique, etc.) et bien entretenues. Citons les Trachycarpus en fond dense, Chamaerops, Brahea, Butia, Phoenix, Dicksonia, Eucalyptus, agaves, aloes, etc. Un jardin de charme, très intéressant et pittoresque.

Lundi

Nous prenons le bateau dès le matin pour une longue traversée aux nombreuses escales pour le vaste Parc Botanique de la VILLA TARANTO, un peu à l’est de Pallanza. C’est un des plus riches d’Europe avec plus de 20000 espèces. Le sol (probablement ph = 6,5) et le climat doux et humide permettent aux espèces originaires des cinq continents et des climats tempérés, méditerranéens et subtropicales d’y prospérer magnifiquement. On reste admiratif devant ces grandioses collections de plantes adultes de grande taille, très bien entretenues, dans des sites de vallons et collines fort pittoresques. Il serait illusoire de vouloir décrire ici, même partiellement, ces collections ; citons seulement les spectaculaires Cyathea et Dicksonia. Enfin, déjeuner à Intra et retour en bateau à travers beaucoup de sites magnifiques visités ces derniers jours. Arrivée à Stresa en milieu d’après-midi pour reprendre les bagages à l’hôtel et regagner les voitures ou la gare, les yeux encore remplis de palmiers et de rêves.

Gérard DORIN


Entre Alicante et Almeria ...dactylifera est roi !


Une vue panoramique d`un grand bosquet de " Phoenix dactylifera " aux environs de Elche


Des dactyliferas au bord des autoroutes dans la banlieue d`alicante


Un splendide Butia capitata dans le jardin botanique de la palmeraie de elche


Une touffe de Cycas revoluta (faux palmiers ) au jardin botanique de elche


Un beau petit palmier sans description . (peut etre pouvez vous trouver de quel espece il s`agit)

Les provinces d'Alicante ,de Murcie et d'Almeria ,dans le sud-est de l'Espagne sont surtout connues pour leurs plages et leurs stations balnéaires. Pour les amoureux de plantes exotiques , c'est surtout la ville d'Elche et ses 200.000 dattiers qui fait figure de destination incontournable . Lorsque nous avons débarqué a Alicante ,quelle ne fut pas notre surprise de constater que le dattier déjà aux environs d'Alicante poussait spontanément .En entrant dans la ville par le sud , j'aperçoit sur ma gauche une véritable foret de palmiers ,ceux-la ont néanmoins étés plantés . De l'autre coté de la route (cote mer), d'autres dactyliferas poussent au milieu d'un maquis rabougri. La plupart du temps ,nos dactyliferas sont petits et leurs palmes desséchées .Nous entrons dans la ville, partout ce n'est qu'exotisme ,de gigantesques figuiers (autres que les endémiques " Ficus carica ") ont étés plantes il y a certainement très longtemps, compte tenu de leurs troncs de plusieurs mètres de diamètre. Je suis curieux de connaître leur age ! Coté palmiers , ce sont surtout les Phoenix canariensis et dactyliferas, les Washingtonia filifera et robusta ainsi que les Chamaerops humilis qui ont ici la " cote " . Les faux palmiers que sont les cycas sont partout présent ainsi que de très grandes plantes a l'allure générale de bananiers. Près du port , une dizaine de palmiers ,sans doute des Syagrus mais dont l'espèce m'est inconnue invitent les passagers a l'embarcation !Je remarque que si l'exotisme est partout présent , l'imagination est malheureusement absente .En effet ,on retrouve sans cesse les même espèces . Butias, Sabals, Chamedora, Jubaea sont à rechercher intensément .Quel dommage que la diversité végétale soit si pauvre dans une région ou pourraient aisément être cultives plus d'une centaine de nos chers palmiers (si ce n'est beaucoup plus !). Pour admirer quelques raretés, du moins en Europe, il faut se rendre à Elche et c'est ce que nous allons faire le jour suivant !
Elche, une ville au passe relativement glorieux, Ibère tout d'abord, la ville voit constamment arriver des populations venues le plus souvent d'Afrique ou d'Asie. Ce seraient les Phéniciens (peuples de marins et de marchands originaires du moyen Orient), qui bien avant notre ère auraient créé la fameuse palmeraie, qui même si en partie transformée et détruite, existe toujours actuellement. Dernièrement, ont aurait découvert que le palmier-dattier etait déjà pressent sur le site avant la dernière glaciation. Nous venons de quitter la banlieue d'Alicante, les villages se succèdent, entre eux de nombreuses pépinières et dans d'anciens champs on remarque déjà les premiers bosquets de dattiers, des agaves et des figuiers poussent également le long de la route. Je remarque également une plante qui pousse sur les basses cote de la route ; le Rizinus communis, plante originaire des régions tropicales africaines, elle paraît envahissante ! Plus que quelques kilomètres et on est arrivé, les bosquets de Phoenix sont de plus en plus près les uns des autres et aussi plus étendus. Ca y est, la voilà la fameuse palmeraie, c'est un spectacle magnifique, parfois trouble par des amas de bétons aux formes disgracieuses. Nous nous parquons et faisons le reste du chemin a pied. Dans la ville, je constate que la palmeraie etait il y a encore peu de temps, plus étendue qu'aujourd'hui. Pas de chance, la palmeraie est morcelée (des routes la traverse) et la partie visitable est, dirait-on, en " rénovation ", ferme ! On ne se décourage pas pour autant, il y a encore " El Huerta del Cura ", une sorte de jardin botanique ou toute sorte de palmiers et autres exotiques poussent admirablement. Ce sera d'ailleurs la que je ferai le plus de photos (pour ma malchance le plus souvent rates). Dans ce jardin, assez bien mis en valeur d'ailleurs, les palmiers poussent aux cotes des succulentes, des cactus, des bambous, des cycas ou des bananiers. La visite est moins didactique que je ne l'aurais pense car les petits panneaux qui accompagnent chaque plante sont parfois incomplets ou illisibles ! Par la suite, en descendant vers le sud en direction d'Almeria, ma surprise sera encore plus grande ! J 'ai déjà recensé les différentes espèces de palmiers qui poussent dans mon environnement immédiat (pas très difficile). J'ai aussi pris quelques notes, considérant ainsi des faits qui me semble inhabituel. Pour exemple, la petite ville ou nous nous trouvons possède une belle pinède plante au début du siècle. Dans celle ci (formation végétale semi-ouverte) poussent des agaves et de nouveaux nos Phœnix dactylifera, et a nouveau, les palmiers sont petits alors qu'ils semblent assez ages si je me base sur le stipe assez gros et le port très fourni (mais un peu desséché il est vrai !) . Je me pose donc la question ; phœnix plantes ou simplement dattes tombes la et ayant donne notre palmier actuel ? Apres avoir donc fait le tour du " propriétaire " et après de longues ballades dans le maquis de la région, nous avons envie de voir autre chose. C'est décidé, le lendemain nous mettons le cap sur Almeria. La route qui nous mène à Almeria est tout d'abord assez ennuyeuse, nous quittons progressivement une zone de plaines pour entrer dans une zone de collines et de petites montagnes. En entrant dans la province d'Almeria on pénètre dans la région possédant la pluviométrie la plus basse de toute l'Europe (moins de 250mm de moyenne par an). La région est aussi réputée pour posséder l'unique réelle zone semi-désertique. Nous sommes maintenant dans la province d'Almeria, nous longeons la cote, les petits Chamaerops humilis s'accrochent aux falaises souvent accompagnes par les figuiers de barbaries. Dans les ravins, j'aperçois des lauriers roses dont les fleurs donnent une petite touche de couleurs dans cette immensité verticale et rougeâtre que sont immenses rochers sur notre droite.. Par endroits des eucalyptus donnent ombrage aux quelques plantes endémiques qui arrivent encore a pousser a leurs pieds ! La route devient de moins en moins sinueuse et absents depuis plusieurs centaines de kilomètres, revoilà les dattiers ! C'est encore plus saisissant qu'a Elche. En effet les dattiers poussent aux cotes de pins ,parfois a coté d'un arbre dont le nom latin est " Tetraclinis articulata " appelé aussi " Thuya berbere ". Pendant environ une quarantaine de kilomètres défile un paysage aride a la terre brun-rouge ou poussent de petits bosquets de dattiers, très souvent accompagnes de conifères méditerranéens ou de plantes basses .Depuis un moment les dattiers se font rares et a leurs places d'immenses colonies d'agaves mourantes car ayant dressées leurs hampe florale déjà dessèché. Sur la droite , on vient de dépasser un écriteau qui annonce un parc naturel ,nous venons de quitter le parc naturel du " cabo de Gata " .

Robert Manuel


Un rond point au bord de mer agrémenté de Phoenix dactylafera et canariensis(a gauche),au fond des cannes de provence (Arundo donax)


Magnifiques Sabals (a mon avis palmetto) dans le jardin botanique ,toujours dans la ville de Elche


Au cœur de la palmeraie (en renovation ,ou entretien) de Elche


Une pinède pres de la mer ou poussent des agaves et des dattiers !


Un Syagrus ( ?) en pleine campagne ,aux environs d'Almeria ,par temps tres venteux


Barcelone

dimanche, 11 novembre

A peu près à la même époque que l'an dernier et par une superbe journée, nous avons refait une sortie à but mixte : palmiers et cactus, cette fois-ci au parc Montjuic à Barcelone.
Si, dès l'approche de la colline de Montjuic dominant le port de Barcelone, la masse des plantations de palmiers, surtout faite de dizaines de grands Washingtonia robusta, saute aux yeux, on oublie un peu ces végétaux en parcourant les allées, car on a ,alors, essentiellement les succulentes au niveau des yeux .
La richesse en Euphorbes, Cereus (Trichocereus et Stenocereus), globuleuses (Echinocactus, Ferocactus et Astrophytum), Nolina et Agaves, nous a obligés à faire des recherches dans les livres car l'étiquetage est, comme souvent, insuffisant.
De temps en temps, les plantations de succulentes sont ponctuées de la présence de palmiers. Les nombreuses touffes de Chamaerops humilis sont splendides avec leurs multiples têtes nous dominant de plusieurs mètres. Il existe également plusieurs groupes de Butia capitata dont la couronne de palmes est un peu réduite par le manque d'arrosage.
Contrairement à ceux de France, en Catalogne sud leurs fruits mûrs sont souvent jaunes et rarement oranges, mais de saveur inégale. Personne n'a pu résister aux fruits, à la fois peu fibreux, parfumés et très sucrés, de l'un d'entre eux.
Nous nous sommes un peu attardés devant les stipes énormes en pattes d'éléphant crevassés des Washingtonia filifera. Comme toujours les Sabal nous ont interloqués : surtout ceux à énormes feuilles vertes coriaces et costapalmées avec leurs grosses infrutescences plusieurs fois ramifiées, leur stipe d'une cinquantaine de centimètres de diamètre pour un à plusieurs mètres de haut et leur étiquette Sabal minor!!! Jacques D. n'étant pas là......l'étiquette est restée en place.
Les Livistona chinensis ont été alignés le long de deux allées avec leurs palmes en cascade. Les Brahea edulis sont peu luxuriants mais nous ont offerts des fruits mûrs alors qu'ils sont encore verts en France.
Les Brahea armata ne sont pas inoubliables. Par contre, malgré la terre argileuse et médiocre et l'absence d'arrosage, le Syagrus romenzoffianum est superbe avec ses palmes plumeuses de 4 mètres de long.
Parmi les Phoenix, les dattiers sont superbes ; certains ont des palmes rigides et peu nombreuses, d'autres ont une couronne faite de palmes immenses.
Il existe aussi quelques touffes de Phoenix reclinata. Les yeux remplis d'images et les sacs de graines, nous sommes allés manger sur la place Reial au milieu d'une flore mais aussi d'une faune EXOTIQUE..(magnifiques dattiers mais aussi nombreux individus originaux et vagabonds).
Nous avons fini l'après-midi en nous promenant dans les espaces verts du zoo. L'ombrière, où sont abrités Howea, Livistona, Phoenix reclinata, Rhapis, étant fermée pour cause de réfection, nous nous sommes attardés devant de grosses touffes de Cycas revoluta et de Chamaerops argentés.
Une bien belle journée pleine de découvertes.

Pierre BIANCHI