Association régie par la Loi 1901

VISITES en 2002

de Jardins en France
2001  2000  1999  1998
NORD EST
Une quinzaine de Fous de l’est de la France se sont donnés rendez-vous le 8 septembre dernier chez notre correspondant Daniel PFISTER dans la banlieue de Strasbourg. Les Tra c h ycarpus fort u n e i de notre hôte se rétablissent bien, après avoir été complètement défoliés cet hiver. Un Chamaerops humilis, qui fut très abîmé, émet lui aussi de nouvelles palmes à l’abri d’un mur. Le Butia capitata que nous avions vu l’année dernière a péri, malgré la mise en place d’une protection hivernale. Après le déjeuner, nous nous sommes dirigés vers le Jardin Botanique de l’Université Louis Pasteur de Strasbourg . Créée à partir de 1881, sa collection abrite aujourd’hui près de 6500 espèces végétales différentes, dont quelques palmiers. Dès notre arrivée, nous nous sommes arrêtés devant un Sabal minor qui a parfaitement supporté son premier hiver à l’extérieur, abrité par la façade de l’orangerie. Le Chamaerops humilis, situé en plein courant d’air devant la serre tropicale, a vu l’ensemble de ses palmes entièrement détruites. Il a aujourd’hui repris un bel aspect. Les stipes qui avaient gelé jusqu’au sol en 1985-1986, n’ont pas été atteints cet hiver. Nous n’avons eu à déplorer aucun dégât sur nos deux grands Trachycarpus fortunei. Leur palmes avaient été liées contre le bourgeon et leur pied paillé par 50 à 60 cm de feuilles mortes. Nous nous sommes ensuite arrêtés devant un jeune Tra c h ycarpus wagnerianus planté au printemps dernier. A côté, un Sabal étiqueté S. minor, mais probablement hybridé, est très abîmé chaque hiver. D’autres espèces de palmiers pourraient être essayées en plein air, mais le facteur limitant leur installation est le vol plus que le froid ! Un Rhapidophyllum hystrix a ainsi disparu de la collection du jardin botanique il y a deux ans. Nous avons terminé la visite en passant en revue quelques palmiers d’orangerie comme Livistona australis, Phoenix canariensis, Ph o e n i x t h e o p h rastii, Phoenix hanceana et Trithrinax campestris. Nous avons pu comparer facilement, car présents l’un à côté de l’autre, Washingtonia filifera et W. robusta. L’année prochaine, nous irons vraisemblablement visiter le jardin d’un Fou de Palmiers du Haut-Rhin.

Frédéric TOURNAY

ROUSSILLON
La plupart des Fous du Roussillon se sont retrouvés pour notre réunion annuelle à Saleilles le 14 septembre chez M. et Mme. LLORET. Après les présentations des quelques nouveaux membres, Jean nous a guidés d’abord dans sa serre qui accueille le visiteur chez lui. Les fougères, Anthurium, Rhapis, Chamaedorea y sont à l’aise : par contre, le Rhopalostylis atteint le vitrage et deux Sabal menacent de le soulever! Pourtant ces palmiers n’étaient que des plantules il y a quelques années. Quel contraste avec la lenteur de croissance dans nos jardins! Sortant dans le jardin nous avons vu les Butia et Syagrus, mais surtout les deux palmiers centenaires transplantés il y a trois étés. Le Washingtonia filifera dominant tous les arbres du quartier constitue une véritable balise dans le lotissement. Le stipe du Jubaea, asymétrique, et comportant une striction, constitue une véritable sculpture. Sa couronne de feuilles est en train de se reconstituer mais il n’a pas encore refleuri. Contournant la piscine nous passons devant une touffe de Trithrinax campestris puis des Washingtonia robusta dont la base est plus volumineuse que celle du W. filifera. Nous allons admirer les palmiers plus fragiles placés près de la maison : deux superbes Livistona australis et chinensis qui conservent encore les feuilles abîmées par ce rude hiver et un Phoenix roebelenii. L’apéritif puis le repas nous permettent de poursuivre les conversations et d’offrir à Jean et à Irène un complément à leur collection : une potée de Chamædorea metallica pour la serre et un Chamædorea radicalis pour le jardin. Après avoir dégusté les figues de pays, les gâteaux de nos adhérentes et le muscat de St. Estève, nous évoquons à nouveau le risque d’attaque de nos palmiers par le papillon argentin. Pour l’instant ce n’est pour nous qu’une menace : pas de dégâts visibles dans nos jardins ni dans les espaces verts publics. Heureusement, car il semble que le service de protection des végétaux n’ait fait parvenir aucune recommandation ni aux services des espaces verts ni aux pépiniéristes. Avant de prendre congé nous parlons des activités du trimestre à venir.

Pierre BIANCHI

AQUITAINE
Lorsque Madame le Maire de Morizès en Gironde, près de la Réole, annonçait que sa commune avait été sélectionnée pour participer à la Nuit du Patrimoine le 21septembre, ses administrés se demandèrent ce qu’une petite commune rurale de 515 habitants allait bien pouvoir montrer. Ils ne se doutaient pas que leur territoire possédait autant de richesses culturelles. La promenade nocturne dans ce petit village, illuminé par plus de 2500 bougies, révéla à un public de plus de 200 personnes des détails ignorés du bâti quotidien et des maisons de maître, les replongeant dans l’histoire du pays. Invité par Madame le Maire, j’ai parlé du Trachycarpus fortunei, mis en valeur par des projecteurs, un végétal auquel plus personne ne prêtait attention à force de le côtoyer. Il est bien le « palmier du Sud-ouest » qui fait parti du patrimoine. J’ai expliqué notamment qu’il gardait la mémoire du temps et des anciennes générations au même titre que les vieux clochers ou les vieilles maisons. Le fait d’avoir été planté là ne relevait pas plus du hasard, que des vents ou des oiseaux. Le public écoutait avec beaucoup d’attention l’historique de l’introduction de ce palmier en provenance de Chine qui s’est adapté idéalement au climat du Sud-ouest, avec des étés chauds et humides, mais des hivers pouvant être très froids, comme l’hiver dernier. L’histoire commençait en 1859, au Jardin botanique de Bordeaux, quand Durieu de Maisonneuve, explorateur scientifique de l’Algérie, plantait l’un des tout premiers Trachycarpus en France. Les hommes de l’époque coloniale (dès la fin du XIXe siècle), profitant du développement des voyages et des perspectives d’expansion économique, sont allés chercher, aux quatre coins du monde, les plus beaux arbres qui pouvaient pousser dans notre région, faisant ainsi ces merveilleux cadeaux aux générations futures. L’accès direct à la mer par la Garonne, puis par l’estuaire de la Gironde, a favorisé leur importation. La mode voulait, à la Belle Epoque en Aquitaine, qu’on plante un palmier devant les maisons de maître, dès que naît un fils. Tout cela fait aussi partie du patrimoine le plus intérieur de nos racines. Les responsables forestiers soulignent toujours que, lorsque l’on plante un arbre (à plus forte raison un palmier qui pousse plus lentement), c’est pour nos enfants et nos petits-enfants; plantez donc des Jubaea !

Philippe DUHAMEL

PACA
Pour cette première biennale « made in Europe », les Fous de Palmiers ont déployé toutes leurs énergies pour recevoir, du 20 au 27 septembre, entre Hyères les Palmiers et Menton, les amateurs du monde entier que sont les membres de l’International Palm Society (IPS). Encore fallait-il que cette manifestation soit couronnée de succès. Pari tenu: 130 membres ont participé, avec assiduité, aux conférences dont nous évoquons le contenu dans ce Palmier et le prochain et aux visites de jardins plus merveilleux les uns que les autres. L’organisation a été à la hauteur de ses ambitions puisque tous les objectifs ont été atteints: la convivialité était au rendez-vous; les exposés faits par les intervenants d’un niveau international ont été fort instructifs; la couverture médiatique (presse, radio, TV) a contribué à mieux faire connaître notre association; enfin, le bilan financier est positif. Ce constat n’est pas l’expression d’une autosatisfaction dont pourrait s’enorgueillir l’association, à juste titre, mais simplement la reconnaissance dont nous ont fait part de nombreux participants. Quelques exemples parmi d’autres : • Terrence Walters, directeur de IPS et du Montgomery Botanical Center (Miami, Floride) : I want to thank each of you for a ve ry successful, educational and enjoyable IPS Biennial 2002… • Libby Besse, directeur de l’IPS, (Sarasota, Floride) :… we both had a marvelous time and saw many intere s t i n g places… your food is superb!We felt your countrymen courteous and helpful!… • Garrin Fullington (Hawaii) :… thank you very much for all the effort and energy you put into the IPS Europe Biennial. What wonderful places we saw! And the speakers were so excellent!… • Pamela Maher et Dave Schubert, Dept of Cell. Biology – The Scripps Research Institute (San Diego, Californie) : … nous tenons à vous remercier de tous vos efforts pour organiser une réunion merveilleuse… Cette biennale aura donc laissé un excellent souvenir aux participants dont une partie a prolongé son séjour via le voyage Post-Tour en Espagne et en Italie. Nous reviendrons plus en détail, dans un prochain numéro, sur le déroulement de cette manifestation qui a constitué un moment fort dans la vie de l’association.

Yves PIA

ROUSSILLON
Par une chaude matinée, le 6 octobre, une quinzaine de personnes se sont retrouvées à Perpignan dans le quartier de la Lunette pour traquer les végétaux inhabituels. D’emblée, devant la richesse du premier jardin, les discussions se sont engagées, chacun constatant les grandes possibilités d’acclimatation que donne la zone climatique 10 (celle-ci n’existe dans notre département qu’au centre ville de Perpignan et sur la côte, de Collioure à Cerbère). Ces bavardages ont attiré l’attention de la propriétaire du jardin qui, gentiment, nous a expliqué qu’elle avait ramené la plupart de ses plantes de ses voyages et que son énorme Pachypodium était chaque année plus difficile à rentrer à l’abri des pluies d’hiver, à cause de son poids et de ses épines. Après avoir pris congé, nous butinons des yeux de jardin en jardin, là une terrasse encombrée de cactus, là un Hakea et un Grevillea inhabituels, là-bas une magnifique touffe de Chamaerops humilis, plus loin des Araucaria, Hibiscus… Nous nous déplaçons plus loin pour voir des Syagrus et un vieux Butia. Le gardien de l’immeuble, qui connaît bien ce dernier pour l’avoir planté il y a trente cinq ans, nous propose de ramasser des fruits qui viennent de tomber : ils ont bon goût et germent spontanément sur le bitume ombragé (graines pour la BDG.). Notre tournée se poursuit avec de beaux avocatiers, dattiers, Eucalyptus, un énorme Cereus qui atteint le deuxième étage, des bougainvilliers toujours en fleurs, un beau Sequoiadendron. Nous finissons par LE Chorisia speciosa de Perpignan : il est au sommet de sa beauté et couvert de fleurs roses. Cet arbre émerge d’un jardin rempli de cactées peu communes, aussi nous relevons les coordonnées du propriétaire pour prendre contact. Les Fous les moins affamés finissent leur visite au quartier du Vernet pour voir une place qui vient d’être plantée de végétaux bleus : Butia, Braeha armata et Jacaranda.

Pierre BIANCHI

MIDI PYRENEES
Nous avions rendez-vous à 11 h pour visiter mon jardin à Lavalette le 20 octobre. On peut y voir de beaux Trachycarpus fort u n e i , certains plantés en groupe et l’un d’entre eux taillé « à la c h i n o i s e » avec le stipe débarrassé du crin, donnant un tronc de cocotier. On a pu voir aussi des C h a m a e rops humilis, Bu t i a c a p i t a t a et Be s c h o rneria yuccoïdes, etc. Nous avons aussi visité le deuxième jardin, situé un peu plus loin, à exposition plein sud où se trouvent des gros Washingtonia filifera , de jeunes Sabal berm u d a n a et m e x i c a n a, un Phoenix « G o l k o y », une pépinière de jeunes Tra c h yc a r p u s et des variétés moins courantes mais aussi intéressantes : un Trachyucarpus wagnerianus d e 2 m 30, des Tra c h ycarpus takil qui atteignent le mètre et dont on a pu remarquer le très élégant feuillage, plus rigide que f o rt u n e i (je recommande d’en planter) ainsi qu’un Butia capitata, des opuntias, Musa basjoo, un jeune He s p e raloe parv i f l o ra, des C h a m a e rops humilis classiques et inermis, un petit Ph o e n i x s y l ve s t r i s et Tra c h ycarpus mart i a n u s .Nous avons vu, en pots, les belles feuilles de Tra c h ycarpus latisectus qui seront plantés l’an prochain près d’un mur au sud. Nous avons ensuite pris l’apéritif sur place, puis nous avons eu un bon repas du terroir au restaurant du village. L’après-midi, nous sommes allés au centre ville de Toulouse, au nouveau jardin exotique du musée Labit, planté de diverses espèces de palmiers ; nous avons aussi admiré un grand Washingtonia hybride au jardin du Grand Rond et les majestueux Butia du centre ville. Je remercie tous les participants, ce fut une belle journée.

Serge DASSAIN

RHONE-ALPES
Le 27octobre nous nous sommes retrouvés pour la visite des serres du Parc de la Tête d’Or. Que de merveilles palmées dans la grande serre du parc! Des palmiers de toutes tailles y ont étés admirés et, si les plus grands (Livistona, Phoenix, Tra c h yc a r p u s) devront bientôt être abattus car ils commencent à chatouiller le toit de la serre, la relève est assurée par des essences moins courantes mais très en vogue : parmi elles, Archontophoenix, Howea, Sabal berm u d a n a e t mexicana. Ce dernier palmier a été « s e c o u é » ce qui a provoqué une abondante pluie de graines dont bien sûr, nous n’avons rien laissé perdre. De nouvelles plantations de C h a m a e d o rea ont été réalisées et la collection de ce genre devient très complète. La serre comporte aussi des palmiers que l’on aimerait voir tenir compagnie à l’extérieur aux beaux Tra c h yc a r p u s ; il s’agit de Sabal minor, Rhapidophyllum hystrix et Chamaerops humilis var. cerifera. Enfin, le groupe s’est dirigé vers une serre formidable dont toute une partie est constituée d’essences malgaches ; un seul palmier y est représenté mais quelle merveille que ce Bismarckia nobilis ! Un grand bravo aux jardiniers du parc pour cette réalisation. A très bientôt pour de nouvelles découvertes palmiques en Rhône-Alpes.

Emmanuel VERICEL

ROUSSILLON
Une exceptionnelle journée, le 10 novembre, nous a permis de voir, sur la côte rocheuse, à Cerbère, des Furcraea, deux énormes Ficus macrophylla, de grands ricins, des Hibiscus et une jeune plantation de Butia et Brahea. Revenant sur nos pas, nous avons vu, à Banyuls sur Mer, un beau Jubaea centenaire, des Brahea edulis, Eucalyptus, Cycas et anones. Nous avons rendu visite à un dragonnier à Port Vendres, puis au superbe jardin de cactus de Monsieur Mathieu à Argelès sur M e r. Ce jardin nous donne envie, début décembre, d’aller voir une pépinière et un beau jardin de cactus sur la Costa Brava.