
Frédéric TOURNAY
ROUSSILLON
La plupart des Fous du Roussillon se sont retrouvés pour notre
réunion annuelle à Saleilles le 14 septembre chez M. et
Mme. LLORET. Après les présentations des quelques nouveaux
membres, Jean nous a guidés d’abord dans sa serre qui accueille
le visiteur chez lui. Les fougères, Anthurium, Rhapis, Chamaedorea
y sont à l’aise : par contre, le Rhopalostylis atteint le
vitrage et deux Sabal menacent de le soulever! Pourtant ces palmiers n’étaient
que des plantules il y a quelques années. Quel contraste avec la
lenteur de croissance dans nos jardins! Sortant dans le jardin nous avons
vu les Butia et Syagrus, mais surtout les deux palmiers centenaires transplantés
il y a trois étés. Le Washingtonia filifera dominant tous
les arbres du quartier constitue une véritable balise dans le lotissement.
Le stipe du Jubaea, asymétrique, et comportant une striction, constitue
une véritable sculpture. Sa couronne de feuilles est en train de
se reconstituer mais il n’a pas encore refleuri. Contournant la
piscine nous passons devant une touffe de Trithrinax campestris puis des
Washingtonia robusta dont la base est plus volumineuse que celle du W.
filifera. Nous allons admirer les palmiers plus fragiles placés
près de la maison : deux superbes Livistona australis et chinensis
qui conservent encore les feuilles abîmées par ce rude hiver
et un Phoenix roebelenii. L’apéritif puis le repas nous permettent
de poursuivre les conversations et d’offrir à Jean et à
Irène un complément à leur collection : une potée
de Chamædorea metallica pour la serre et un Chamædorea radicalis
pour le jardin. Après avoir dégusté les figues de
pays, les gâteaux de nos adhérentes et le muscat de St. Estève,
nous évoquons à nouveau le risque d’attaque de nos
palmiers par le papillon argentin. Pour l’instant ce n’est
pour nous qu’une menace : pas de dégâts visibles dans
nos jardins ni dans les espaces verts publics. Heureusement, car il semble
que le service de protection des végétaux n’ait fait
parvenir aucune recommandation ni aux services des espaces verts ni aux
pépiniéristes. Avant de prendre congé nous parlons
des activités du trimestre à venir.
Pierre BIANCHI
AQUITAINE
Lorsque Madame le Maire de Morizès en Gironde, près de la
Réole, annonçait que sa commune avait été
sélectionnée pour participer à la Nuit du Patrimoine
le 21septembre, ses administrés se demandèrent ce qu’une
petite commune rurale de 515 habitants allait bien pouvoir montrer. Ils
ne se doutaient pas que leur territoire possédait autant de richesses
culturelles. La promenade nocturne dans ce petit village, illuminé
par plus de 2500 bougies, révéla à un public de plus
de 200 personnes des détails ignorés du bâti quotidien
et des maisons de maître, les replongeant dans l’histoire
du pays. Invité par Madame le Maire, j’ai parlé du
Trachycarpus fortunei, mis en valeur par des projecteurs, un végétal
auquel plus personne ne prêtait attention à force de le côtoyer.
Il est bien le « palmier du Sud-ouest » qui fait parti du
patrimoine. J’ai expliqué notamment qu’il gardait la
mémoire du temps et des anciennes générations au
même titre que les vieux clochers ou les vieilles maisons. Le fait
d’avoir été planté là ne relevait pas
plus du hasard, que des vents ou des oiseaux. Le public écoutait
avec beaucoup d’attention l’historique de l’introduction
de ce palmier en provenance de Chine qui s’est adapté idéalement
au climat du Sud-ouest, avec des étés chauds et humides,
mais des hivers pouvant être très froids, comme l’hiver
dernier. L’histoire commençait en 1859, au Jardin botanique
de Bordeaux, quand Durieu de Maisonneuve, explorateur scientifique de
l’Algérie, plantait l’un des tout premiers Trachycarpus
en France. Les hommes de l’époque coloniale (dès la
fin du XIXe siècle), profitant du développement des voyages
et des perspectives d’expansion économique, sont allés
chercher, aux quatre coins du monde, les plus beaux arbres qui pouvaient
pousser dans notre région, faisant ainsi ces merveilleux cadeaux
aux générations futures. L’accès direct à
la mer par la Garonne, puis par l’estuaire de la Gironde, a favorisé
leur importation. La mode voulait, à la Belle Epoque en Aquitaine,
qu’on plante un palmier devant les maisons de maître, dès
que naît un fils. Tout cela fait aussi partie du patrimoine le plus
intérieur de nos racines. Les responsables forestiers soulignent
toujours que, lorsque l’on plante un arbre (à plus forte
raison un palmier qui pousse plus lentement), c’est pour nos enfants
et nos petits-enfants; plantez donc des Jubaea !
Philippe DUHAMEL
PACA
Pour cette première biennale « made in Europe », les
Fous de Palmiers ont déployé toutes leurs énergies
pour recevoir, du 20 au 27 septembre, entre Hyères les Palmiers
et Menton, les amateurs du monde entier que sont les membres de l’International
Palm Society (IPS). Encore fallait-il que cette manifestation soit couronnée
de succès. Pari tenu: 130 membres ont participé, avec assiduité,
aux conférences dont nous évoquons le contenu dans ce Palmier
et le prochain et aux visites de jardins plus merveilleux les uns que
les autres. L’organisation a été à la hauteur
de ses ambitions puisque tous les objectifs ont été atteints:
la convivialité était au rendez-vous; les exposés
faits par les intervenants d’un niveau international ont été
fort instructifs; la couverture médiatique (presse, radio, TV)
a contribué à mieux faire connaître notre association;
enfin, le bilan financier est positif. Ce constat n’est pas l’expression
d’une autosatisfaction dont pourrait s’enorgueillir l’association,
à juste titre, mais simplement la reconnaissance dont nous ont
fait part de nombreux participants. Quelques exemples parmi d’autres
: • Terrence Walters, directeur de IPS et du Montgomery Botanical
Center (Miami, Floride) : I want to thank each of you for a ve ry successful,
educational and enjoyable IPS Biennial 2002… • Libby Besse,
directeur de l’IPS, (Sarasota, Floride) :… we both had a marvelous
time and saw many intere s t i n g places… your food is superb!We
felt your countrymen courteous and helpful!… • Garrin Fullington
(Hawaii) :… thank you very much for all the effort and energy you
put into the IPS Europe Biennial. What wonderful places we saw! And the
speakers were so excellent!… • Pamela Maher et Dave Schubert,
Dept of Cell. Biology – The Scripps Research Institute (San Diego,
Californie) : … nous tenons à vous remercier de tous vos
efforts pour organiser une réunion merveilleuse… Cette biennale
aura donc laissé un excellent souvenir aux participants dont une
partie a prolongé son séjour via le voyage Post-Tour en
Espagne et en Italie. Nous reviendrons plus en détail, dans un
prochain numéro, sur le déroulement de cette manifestation
qui a constitué un moment fort dans la vie de l’association.
Yves PIA
ROUSSILLON
Par une chaude matinée, le 6 octobre, une quinzaine de personnes
se sont retrouvées à Perpignan dans le quartier de la Lunette
pour traquer les végétaux inhabituels. D’emblée,
devant la richesse du premier jardin, les discussions se sont engagées,
chacun constatant les grandes possibilités d’acclimatation
que donne la zone climatique 10 (celle-ci n’existe dans notre département
qu’au centre ville de Perpignan et sur la côte, de Collioure
à Cerbère). Ces bavardages ont attiré l’attention
de la propriétaire du jardin qui, gentiment, nous a expliqué
qu’elle avait ramené la plupart de ses plantes de ses voyages
et que son énorme Pachypodium était chaque année
plus difficile à rentrer à l’abri des pluies d’hiver,
à cause de son poids et de ses épines. Après avoir
pris congé, nous butinons des yeux de jardin en jardin, là
une terrasse encombrée de cactus, là un Hakea et un Grevillea
inhabituels, là-bas une magnifique touffe de Chamaerops humilis,
plus loin des Araucaria, Hibiscus… Nous nous déplaçons
plus loin pour voir des Syagrus et un vieux Butia. Le gardien de l’immeuble,
qui connaît bien ce dernier pour l’avoir planté il
y a trente cinq ans, nous propose de ramasser des fruits qui viennent
de tomber : ils ont bon goût et germent spontanément sur
le bitume ombragé (graines pour la BDG.). Notre tournée
se poursuit avec de beaux avocatiers, dattiers, Eucalyptus, un énorme
Cereus qui atteint le deuxième étage, des bougainvilliers
toujours en fleurs, un beau Sequoiadendron. Nous finissons par LE Chorisia
speciosa de Perpignan : il est au sommet de sa beauté et couvert
de fleurs roses. Cet arbre émerge d’un jardin rempli de cactées
peu communes, aussi nous relevons les coordonnées du propriétaire
pour prendre contact. Les Fous les moins affamés finissent leur
visite au quartier du Vernet pour voir une place qui vient d’être
plantée de végétaux bleus : Butia, Braeha armata
et Jacaranda.
Pierre BIANCHI
MIDI PYRENEES
Nous avions rendez-vous à 11 h pour visiter mon jardin à
Lavalette le 20 octobre. On peut y voir de beaux Trachycarpus fort u n
e i , certains plantés en groupe et l’un d’entre eux
taillé « à la c h i n o i s e » avec le stipe
débarrassé du crin, donnant un tronc de cocotier. On a pu
voir aussi des C h a m a e rops humilis, Bu t i a c a p i t a t a et Be
s c h o rneria yuccoïdes, etc. Nous avons aussi visité le
deuxième jardin, situé un peu plus loin, à exposition
plein sud où se trouvent des gros Washingtonia filifera , de jeunes
Sabal berm u d a n a et m e x i c a n a, un Phoenix « G o l k o
y », une pépinière de jeunes Tra c h yc a r p u s
et des variétés moins courantes mais aussi intéressantes
: un Trachyucarpus wagnerianus d e 2 m 30, des Tra c h ycarpus takil qui
atteignent le mètre et dont on a pu remarquer le très élégant
feuillage, plus rigide que f o rt u n e i (je recommande d’en planter)
ainsi qu’un Butia capitata, des opuntias, Musa basjoo, un jeune
He s p e raloe parv i f l o ra, des C h a m a e rops humilis classiques
et inermis, un petit Ph o e n i x s y l ve s t r i s et Tra c h ycarpus
mart i a n u s .Nous avons vu, en pots, les belles feuilles de Tra c h
ycarpus latisectus qui seront plantés l’an prochain près
d’un mur au sud. Nous avons ensuite pris l’apéritif
sur place, puis nous avons eu un bon repas du terroir au restaurant du
village. L’après-midi, nous sommes allés au centre
ville de Toulouse, au nouveau jardin exotique du musée Labit, planté
de diverses espèces de palmiers ; nous avons aussi admiré
un grand Washingtonia hybride au jardin du Grand Rond et les majestueux
Butia du centre ville. Je remercie tous les participants, ce fut une belle
journée.
Serge DASSAIN
RHONE-ALPES
Le 27octobre nous nous sommes retrouvés pour la visite des serres
du Parc de la Tête d’Or. Que de merveilles palmées
dans la grande serre du parc! Des palmiers de toutes tailles y ont étés
admirés et, si les plus grands (Livistona, Phoenix, Tra c h yc
a r p u s) devront bientôt être abattus car ils commencent
à chatouiller le toit de la serre, la relève est assurée
par des essences moins courantes mais très en vogue : parmi elles,
Archontophoenix, Howea, Sabal berm u d a n a e t mexicana. Ce dernier
palmier a été « s e c o u é » ce qui
a provoqué une abondante pluie de graines dont bien sûr,
nous n’avons rien laissé perdre. De nouvelles plantations
de C h a m a e d o rea ont été réalisées et
la collection de ce genre devient très complète. La serre
comporte aussi des palmiers que l’on aimerait voir tenir compagnie
à l’extérieur aux beaux Tra c h yc a r p u s ; il
s’agit de Sabal minor, Rhapidophyllum hystrix et Chamaerops humilis
var. cerifera. Enfin, le groupe s’est dirigé vers une serre
formidable dont toute une partie est constituée d’essences
malgaches ; un seul palmier y est représenté mais quelle
merveille que ce Bismarckia nobilis ! Un grand bravo aux jardiniers du
parc pour cette réalisation. A très bientôt pour de
nouvelles découvertes palmiques en Rhône-Alpes.
Emmanuel VERICEL
ROUSSILLON
Une exceptionnelle journée, le 10 novembre, nous a permis de voir,
sur la côte rocheuse, à Cerbère, des Furcraea, deux
énormes Ficus macrophylla, de grands ricins, des Hibiscus et une
jeune plantation de Butia et Brahea. Revenant sur nos pas, nous avons
vu, à Banyuls sur Mer, un beau Jubaea centenaire, des Brahea edulis,
Eucalyptus, Cycas et anones. Nous avons rendu visite à un dragonnier
à Port Vendres, puis au superbe jardin de cactus de Monsieur Mathieu
à Argelès sur M e r. Ce jardin nous donne envie, début
décembre, d’aller voir une pépinière et un
beau jardin de cactus sur la Costa Brava.